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sea_pearl hotel tsunami thailand

De retour à Patong Beach au matin du 27 décembre, je me suis rendu compte que les équipes de sauvetage et de recherche Thaï étaient très efficaces et bien organisées mis à part sur un point. Il y avait deux endroits le long de la route de la plage où un petit supermarché ainsi que la réception d’un hôtel avaient été construits en sous bassement. Ces deux localités avaient donc été complètement inondées jusqu’au plafond au passage de la vague, ne laissant aucune chance aux personnes prises au piège ce matin là. C’est à cet endroit que ma journée a commencé. En temps que moniteur de plongée, c’est là que je me sentais le plus utile et qualifié. A partir de ce moment là, tout est allé très vite. J’ai couru pour chercher l’assistance d’une collègue et de l’équipement auprès d’un centre de plongée local (Warm Water Divers) qui à tout de suite accepté de nous fournir l’équipement nécessaire ainsi qu’une voiture pour se rapprocher du site. C’est ainsi que je suis réellement entré en action avec Kylie Stevenson. En arrivant au Sea Pearl Hotel, malgré l’opération de pompage mise en route, nous avons trouvé la réception et les cuisines toujours sous un bon mètre et demie d’eau boueuse, pleine de débris de toutes sortes, de meubles déchiquetés et même de véhicules, emportés de la route et forcés à travers les portes et les colonnes de l’entrés.

Nous étions bien conscient que 24 heures après le Tsunami, nos chances de retrouver des survivants dans ce lieu étaient pratiquement nulles. Ainsi nous avons pris le temps de correctement assembler notre équipement de plongée et effectuer des vérifications mutuelles avant d’entrer dans l’eau à partir de ce qui avait été le grand escalier central.
A partir de là, nous avons commencé à chercher les petites pièces aux alentours des cuisines où des gens avaient été vus s’enfuyant quand l’eau avait commencé à envahir la réception. Les conditions étaient très difficiles dans ces petites pièces noires sans fenêtres, complètement inondées, où nous devions escalader et pousser les débris moins gros pour nous frayer un chemin, tout en gardant une main sur la lampe de plongée. Le stress était

tsunami plongée recherche victimes

une bataille constante dans nos têtes et nous savions que trouver ce que nous cherchions allait mettre notre system nerveux à rude épreuve. J’avais déjà été confronté à la mort dans mon plus jeune age mais là, nous étions en face de conditions très particulières. Ayant localisé le premier corps dans le halo de ma lampe, nous avons fait une pause pour donner un peu de temps à l’adrénaline pour retomber avant de continuer et nous nous sommes mis d’accord par signe que nous n’exposerions pas le visage de cette première victime. Ceci était une mesure défensive de notre part pour ne pas subir un état de choc qui pouvait survenir à tout moment en ce lieu. Une équipe de sauvetage Thaï était en attente à la limite de l’eau, tenant notre file d’Ariane et prête à récupérer les corps que nous ramenions au fur et à mesure.
Nous avons continuer nos recherches durant la majeure partie de la journée et réussit à localiser et dégager cinq corps quand un coup sec à été tiré sur notre corde. Une nouvelle alerte avait été lancée à la suite d’un nouveau mouvement sismique et la situation ne justifiait pas de mettre notre propre vie en danger.

Le jour suivant, nous avions prévu d’y retourner et continuer notre travail mais en arrivant, nous nous sommes rendu compte que cette eau avait beaucoup changé au cours de la nuit. Elle était devenue encore plus sombre et chargée en bactéries de toutes sortes. Il était devenu trop dangereux pour notre propre sécurité d’entrer dans cette eau sans équipement spécialisé pour ce type d’actions. Malheureusement cet équipement n’était pas disponible sur Phuket et nous avons du abandonner les recherches. La dernière chose que nous pouvions faire à cet endroit était de partager notre raisonnement avec les équipes locales en espérant qu’ils ne se mettraient pas eux en danger en essayant de continuer.
Il était donc temps de chercher quelque chose d’autre à faire pour aider le rétablissement de la situation. Etant donné que de l’aide était nécessaire partout, ce n’était pas une tâche difficile…

Survivants hospitalisés

Il y avait besoin de volontaires pour assurer les traductions de toutes les langues entre les survivants/familles, les autorités Thaïlandaises et le personnel hospitalier. Dans le même temps, un grand besoin en personnel se trouvait à l’aéroport de Phuket où avaient été transporté beaucoup de touristes/expatriés, attendant de pouvoir bénéficier d’un vol de rapatriement vers leur pays respectifs. Le hall de l’aéroport avait été transformé un une immense salle des urgences. Il y avait un très gros travail d’écoute et d’apaisement et de support des blessés, manquant de leurs proches pour la plupart. Etant employé à l’époque par le caisson hyperbare de Patong Beach, j’étais en contact permanent avec des patients victimes d’accidents de plongée et pensais pouvoir aller donner un coup de main au Dr Ljubisa Matic (collègue) déjà sur place. J’expliquai auparavant que beaucoup de personnes se sont découvert des forces insoupçonnées mais aussi des faiblesses à la suite du Tsunami, eh bien c’est là que je me suis découvert une faiblesse indéniable. Ca peut sembler extrêmement facile pour certaines personnes d’écouter les histoires des gens et de donner du support moral à ces victimes, mais pour moi c’était trop. Les émotions étaient trop fortes et j’avais l’impression de me faire du mal plus qu’autre chose alors je me suis arrêté pour chercher autre chose à faire.